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Title: Écrire contre le silence, les injustices et les violences dans la littérature africaine au féminin
Authors: Schembri, Paula
Keywords: African literature (French) -- Women authors
Women and literature -- Africa
Violence in literature
Issue Date: 2012
Abstract: À la différence des femmes écrivains françaises, dont le statut et la célébrité ont fluctué avec les tendances des mouvements à l’époque et la critique littéraire, la femme écrivain africaine, écrivant en dehors de l’Europe est un phénomène moderne. Avant les années soixante, dès l’instant où l’Afrique se libère du joug du colonialisme, la littérature francophone, et surtout, la littérature africaine ont été constituées uniquement par des contributions d’hommes. Des injustices extrêmes et des formes d’oppression envers les femmes ont élevé le statut des hommes et leur ont donné davantage de privilèges. La politique de la colonisation privilégiait les garçons et a donné à ces derniers le droit à l’éducation, avec le but de former une élite . Par conséquent, la majorité des femmes est restée analphabète. De plus, la domination masculine, à cause du système patriarcal, a davantage diminué le statut des femmes. Ce discours masculin essaye de prendre en charge le devenir de la société. Les auteurs mâles africains donnent à leurs œuvres une perspective politique, en peignant une image corrompue de l’Afrique et en dénonçant la superficialité d’une élite bourgeoise et d’une Afrique corrompue2 . C’est entre les années soixante et soixante-dix que la littérature féminine africaine a commencé à se développer. Le premier texte connu écrit par une femme africaine noire, la Camerounaise Marie-Claire Matiz, Ndonga, remonte à 1958. De même, le premier roman écrit par une femme nigériane, Flora Nwapa, Efuru, date de 1966. Mais c’est surtout à partir des années soixante-dix que la littérature féminine africaine a vu le jour. Le portrait de la femme africaine dans la littérature africaine avant les années soixantedix est unidimensionnel. La femme africaine est vue à travers les yeux des hommes, souvent comme une prostituée, un symbole de déshonneur causé par la société. occidentale et les effets de la colonisation. Cependant, la naissance d’une production littéraire africaine francophone au féminin a présenté une nouvelle perspective des femmes et a fait entendre la diversité de leurs voix. L’objectif majeur poursuivi par les femmes écrivains africaines dans leurs écrits est de briser le silence dans lequel elles ont été plongées depuis longtemps. Ces femmes écrivains présentent des personnages féminins qui servent de porte-paroles à toutes les femmes du continent qui souffrent des injustices et des violences. Parmi les injustices et discriminations éprouvées par les femmes africaines, le féminisme africain est marqué par un manque de choix dans les mariages et la maternité, des héritages traditionnels et des rituels, des violences faites au corps - telle l’excision - et des violences venant de l’extérieur - telle la domination coloniale et les distinctions entre classes et races. Le féminisme africain accorde une importance majeure aux problèmes et aux souffrances subis par les femmes africaines. La première génération de femmes écrivains africaines telle Mariama Bâ dans Une si longue lettre, publié en 1980, s’est inspirée des genres épistolaire et autobiographique pour satisfaire une nécessité de parler et de se raconter. L’autobiographie est conçue comme la première étape dans la création des femmes, leur recherche de soi-même, de leur monde privé, de leur valeur et de leur liberté. Cependant, dans un second temps, vers les années 1980, les écrits des femmes changent de perspective. D’une littérature de témoignage qui marquait la première génération d’écriture féminine africaine, la nouvelle génération de femmes écrivains africaines passe par l’appropriation d’une littérature de révolte. Les femmes écrivains africaines se penchent sur de différents sujets : la marginalisation, les effets du colonialisme, le refus des traditions et surtout les sujets tabous, comme la prostitution et la folie à travers lesquels elles dénoncent les souffrances éprouvées dans leurs vies privées. Les femmes écrivains brisent aussi les méthodes traditionnelles d’écriture des œuvres, une activité poursuivie, jusque dans les années quatre-vingt par les hommes, et elles expérimentent avec le langage et ses différents aspects, comme les registres, champs lexicaux et modes de présentation de l’œuvre. Elles mettent au défi tout ce qui est traditionnel, revendiquent un changement social et transforment leurs œuvres en armes contre les injustices d’une société patriarcale. La littérature africaine au féminin est une littérature engagée et la prise de parole et le fait d’écrire favorisent une prise de conscience collective et communautaire. Sensible à la condition féminine en Afrique, un très grand nombre de femmes écrivains africaines combat pour la libération et les droits de la femme, contre toutes les formes de violence perpétrées par les hommes envers les femmes, qu’il s’agisse des violences physiques, des violences psychologiques ou des violences sexuelles. La littérature africaine francophone contemporaine a été longtemps marquée par une forte présence de violence et d’oppression envers la femme.
Description: B.A.(HONS)FRENCH
URI: https://www.um.edu.mt/library/oar//handle/123456789/4899
Appears in Collections:Dissertations - FacArt - 2012
Dissertations - FacArtFre - 2012

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