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Title: Le diable amoureux de Jacques Cazotte, un roman gothique ?
Authors: Formosa, Ylenia
Keywords: Cazotte, Jacques, 1719-1792 -- Criticism and interpretation
Gothic fiction (Literary genre), French
French literature -- 18th century
Issue Date: 2015
Abstract: La vie et les oeuvres de Jacques Cazotte sont un mélange fascinant de merveilleux et de rationalisme qui relèvent d’une incontestable originalité. Né à Dijon le 7 octobre 1719, il fait ses études au collège des jésuites de Dijon, puis s’installe à Paris où il publie ses premiers ouvrages : La Patte de chat en 1741, Les Mille et une fadaises en 1742 et ses OEuvres badines et morales en 1788. Toutefois, Jacques Cazotte est connu presque exclusivement pour son Diable amoureux, petit chef d’oeuvre qui formera le cadre d’étude de cette dissertation. Il vaut la peine de brièvement synthétiser le déroulement du récit pour en faciliter la compréhension. Le narrateur, dom Alvare Maravillas, jeune capitaine espagnol aux gardes du roi de Naples se rend un soir avec plusieurs de ses camarades hardis chez un Flamand du nom de Soberano. La discussion tombe sur la Cabale et les cabalistes. Son hôte lui propose de s’initier à condition qu’il ait suffisamment de courage et de sang-froid. Quelques jours plus tard, Soberano et deux autres personnages accompagnent Alvare, la nuit, aux ruines situées à Portici pour une cérémonie d’invocation du Démon. Sous une voûte obscure d’un souterrain, Alvare est placé au centre d’un pentacle où à l’appel de son guide, il prononce une formule de conjuration et invoque trois fois Belzebuth. Une horrible, grotesque, hideuse tête de chameau énonce che vuoi? d’une voix sépulcrale. Alvare surmonte aussitôt ses peurs et commence à commander comme un maître. Sur ses ordres, le chameau se transforme en épagneul et un dîner exquis est offert à ses compagnons émerveillés. Au cours du repas, l’esprit figure de nouveau sous l’aspect d’un page élégant, puis sous la figure d’une séduisante harpiste. Une fois rentré à Naples, Alvare veut renvoyer le page mais il devient une ravissante et désirable femme répondant au nom de Biondetta. Quittant Naples pour Venise, Alvare tente d’oublier son trouble en se livrant aux plaisirs du jeu. Ayant perdu tout son argent, Biondetta l’aide à rembourser ses dettes en lui donnant une martingale qui le rend infaillible au jeu. Plus tard, il cède aux charmes d’une courtisane du nom d’Olympia qui, par jalousie, frappe Biondetta d’un coup de poignard. Alvare est alors bouleversé de tendresse pour Biondetta qui, au milieu de ses fausses souffrances, tente de le persuader qu’elle n’est pas un Démon mais un esprit élémentaire, une innocente sylphide. Le jeune homme, attendri par son récit, l’emmène sur les bords enchantés de la Brenta où il est presque prêt à succomber à son charme. Se recueillant à Venise, il croit reconnaître dans la statuette d’une église, sa mère qui le met en garde contre le danger que représente sa compagne. Il décide d’échapper à ses séductions pour revenir chez sa mère en Estramadure. Alvare veut voyager tout seul mais Biondetta retrouve sa trace et ils font la route ensemble. Sur le territoire espagnol, un orage les force à se réfugier dans une grange où Alvare est encore une fois près de céder aux charmes du Démon. Enfin ils trouvent une calèche mais un accident les contraint à chercher refuge dans une ferme où se déroule la célébration d’un mariage. Après avoir pris part au dîner et au bal, la fermière, en croyant qu’ils sont mariés, met à leur disposition un lit pour passer la nuit. Cette fois-ci, Alvare succombe aux charmes de Biondetta qui lui fait ensuite la révélation horrible de sa véritable nature. L’effroyable tête de chameau revient et crie de nouveau che vuoi?. Alvare perd conscience. Vers midi, il croit s’être réveillé d’un long sommeil. Biondetta a disparu. Il se demande si c’était seulement un rêve. Il aurait dormi pendant quatorze heures. Revenu chez sa mère il s’aperçoit qu’il a rêvé la plus grande partie de ses aventures… pas toutes cependant. Un docteur d’Estramadure du nom de Dom Quebracuernos le conforte en lui disant que le danger a disparu et lui donne de sages conseils pour se marier avec une personne sage afin de se mettre à l’abri du Diable. Dans le texte du Diable amoureux, on peut repérer des nouvelles en concaténation. Cela est dû au fait que Jacques Cazotte a fourni trois versions différentes qui relèvent de son changement de goût aussi bien que de son talent de plus en plus affirmé. L’épilogue nous éclaire à ce sujet. Dans la première version qui date de 1772, Alvare devient un complice du Diable qui réussit néanmoins à échapper à son étreinte. Le dénouement reste cependant assez vague et les lecteurs le trouvent trop brusque. Mécontent, Jacques Cazotte remanie son texte. Dans la seconde version, Alvare devient une victime de Satan assujetti à ses ordres. Pourtant, ce texte était destiné seulement à être lu devant quelques visiteurs dans son village de Pierry, sans aucune publication officielle. Insatisfait, en 1776 Jacques Cazotte publie une troisième édition, celle que nous connaissons aujourd’hui et qui fournira le corpus de notre étude. Cette version laisse le lecteur balloter dans l’incertitude entre le rêve et la réalité. Le Diable amoureux a franchi les frontières si bien que nous retrouvons les traces de son influence dans le roman noir anglais et dans les contes germaniques. Matthew Gregory Lewis qui a fourni une nouvelle image du Diable et des pratiques surnaturelles, se souvient du Diable amoureux lorsqu’il compose l’intrigue de son célèbre Moine (1796). Les lecteurs peuvent avec facilité reconnaître dans le personnage de Mathilde une soeur de Biondetta et retrouver la même beauté, la même sensualité émouvante, le même mélange de faiblesse naïve et de cynisme puissant. Comme Biondetta, Mathilde place son amant, ou plutôt sa proie, dans les situations les plus étranges et embarrassantes : Ambrosio subit, comme Alvare, le charme diabolique d’une jeune femme. Il y a aussi une concordance en ce qui concerne l’habilité de commander les esprits infernaux : Mathilde qui engage Ambrosio dans les pratiques magiques dans Le Moine et Soberano qui initie Alvare dans Le Diable amoureux. Dans l’oeuvre de Jacques Cazotte comme dans celle de Lewis, l’être infernal parvient à se faire aimer en dévoilant sa vraie nature. Le conte de Matthew Gregory Lewis est plus violent et piquant. Néanmoins, même si la démarche générale est la même dans les deux oeuvres, on ne trouve pas dans le Moine les fines descriptions de la tentation et du désir dans lesquelles excellait Jacques Cazotte.
Description: B.A.(HONS)FRENCH
URI: https://www.um.edu.mt/library/oar//handle/123456789/5187
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Dissertations - FacArtFre - 2015

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